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Oeuvres de Tacite ; 4-5. Annales de Tacite, en latin et en français. T. 5, 2 / Regnes de Claude et de Néron. Troisième édition, revue et corrigée ; par J. H. Dotteville,...

Par Tacite (0055?-0120?)

Format : 15x22 cm - 467 pages

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Oeuvres de Tacite ; 4-5. Annales de Tacite, en latin et en français. T. 5, 2 / Regnes de Claude et de Néron. Troisième édition, revue et corrigée ; par J. H. Dotteville,...
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Résumé

« Dix pages de Tacite apprennent plus à connaître les hommes que les trois quarts des histoires modernes ensemble ». Composées de 16 livres, les « Annales » – la plus importante œuvre historique de Tacite – renferment l'histoire des quatre empereurs Tibère, Caligula, Claude et Néron. Elles nous offrent le modèle du style concis, c'est-à-dire du style fort, du style viril. Comme artiste, comme peintre, comme observateur de la nature humaine, Tacite, dit La Harpe, est et sera toujours au premier rang des écrivains les plus justement admirés. Personne n'a jamais, aussi bien que lui, su trouver le mot simple et profond, le mot qu'on n'oublie pas, le mot qui peint, le mot qui juge ; personne n'a vu plus avant dans l'égoïsme ; personne n'a éclairé d'une plus implacable lumière les mobiles honteux des actes qu'il raconte. L'histoire devient sous sa plume un miroir terrible pour le despotisme, et pour les infamies de zèle, d'adulation, de perfidie, de lâcheté que le despotisme suscite. Lire le résumé complet ...

Description

« Annales », de Tacite. C'est le titre de la plus importante composition historique de cet écrivain. Les « Annales » se composaient de seize livres et renfermaient l'histoire des quatre empereurs Tibère, Caligula, Claude et Néron. Les quatre premiers livres que l'on possède entiers, le cinquième qui est incomplet, et le sixième, dont il ne s’est rien perdu, contiennent le règne de Tibère depuis l'an 14 jusqu'à l'an 37. Les quatre livres suivants, dans lesquels était compris le règne de Caligula, nous manquent, ainsi que le commencement du onzième ; l'ouvrage se continue ensuite sans interruption notable jusqu'au trente-cinquième paragraphe du livre XVI ; la fin du seizième livre n'existe plus. C'est avec ce livre que finissaient les « Annales » et le règne de Néron. Le récit des temps écoulés depuis la mort de Néron jusqu'à l'avènement de Nerva (69) forme les « Histoires ».

Les « Annales » furent composées sous le règne de Trajan, après les « Histoires », bien que l'ordre des événements les fasse placer en tête des oeuvres de Tacite. Il n'est pas facile de dire pourquoi l'auteur a donné deux titres si différents à deux ouvrages si parfaitement analogues. On peut penser, avec M. Daunou, que la différence consiste surtout en ce que les faits sont plus serrés dans les « Annales », plus développés dans les « Histoires ».

Les « Annales » nous offrent le modèle du style concis, c'est-à-dire du style fort, du style viril. Comme artiste, comme peintre, comme observateur de la nature humaine, Tacite est et sera toujours au premier rang des écrivains les plus justement admirés. Personne n'a jamais, aussi bien que lui, su trouver le mot simple et profond, le mot qu'on n'oublie pas, le mot qui peint, le mot qui juge ; personne n'a vu plus avant dans l'égoïsme ; personne n'a éclairé d'une plus implacable lumière les mobiles honteux des actes qu'il raconte. L'histoire devient sous sa plume un miroir terrible pour le despotisme, et pour les infamies de zèle, d'adulation, de perfidie, de lâcheté que le despotisme suscite. Remarquez qu'il ne s'agit point ici d'une analyse fine et sèche ; le laconisme de Tacite est ému, passionné ; ce n'est pas un bel esprit, c'est une conscience qui parle ; ce stoïcien ne voit pas seulement le bien et le mal ; il le sent profondément ; il méprise, il a pitié, il s'indigne, il admire ; ses mépris, ses indignations, ses admirations ont d'autant plus d'autorité qu'ils sont moins répandus, moins verbeux, plus contenus, plus sous-entendus. Ajoutons que, tout en descendant jusqu'au fond du vice, il garde la foi à la vertu, à l'humanité ; à côté de la perversité, il montre la grandeur morale ; Germanicus le console de Tibère, Thraséas le console de Néron.

Ouvrons les « Annales » : nous y voyons sénat, chevaliers, tous les Romains se précipitant vers la servitude ; l'œil terrible de la délation toujours ouvert sur toute vie qui veut rester pure ; les citoyens accusant pour n'être pas accusés, et, non contents de s'abaisser eux-mêmes, acharnés en quelque sorte à se pousser à genoux les uns sur les autres ; Germanicus vengeant la perte des légions d'Auguste, puis puni par le poison de ses triomphes et de l'amour du peuple ; l'historien Crémutius Cordus forcé de mourir pour avoir loué Brutus et Cassius ; Britannicus, Octavie, Agrippine, victimes d'un tyran trois fois parricide ; Sénèque se faisant ouvrir les veines conjointement avec Pauline, son épouse ; Thraséas , aux prises avec la mort, offrant une libation à Jupiter Libérateur, et prescrivant la vie comme un devoir à la mère de ses enfants. Dans ces divers tableaux, dit Marie-Joseph Chénier, Tacite se, montre tour à tour, ou à la fois, énergique, sublime, variant ses récits autant que le permet la monotonie du despotisme, et toujours également admirable ; imitant Thucydide et Salluste, mais surpassant ses modèles comme il surpasse tous ses autres devanciers, et ne laissant à ses successeurs aucun espoir de l'atteindre. Son livre est un tribunal où sont jugés en dernier ressort les opprimés et les oppresseurs : c'est à l'immortalité qu'il les consacre ou les dévoue ; et dans cet historien des peuples, par conséquent des princes qui savent régner, chaque ligne est le châtiment des crimes, ou la récompense des vertus. » — Tacite, dit La Harpe, peint avec des couleurs si vraies tout ce que la bassesse et l’esclavage ont de plus dégoûtant, tout ce que le despotisme et la cruauté ont de plus horrible ; les espérances et les succès du crime ; la pâleur de l'innocence et l'abattement de la vertu ; il peint tellement tout ce qu'il a vu et souffert, que l'on voit et que l'on souffre avec lui. Chaque ligne porte un sentiment dans  l'âme : il demande pardon au lecteur des horreurs dont il l'entretient ; et ces horreurs mêmes attachent au point qu'on serait fâché qu'il ne les eût point retracées. Les tyrans nous semblent punis quand il les peint. Il représente la postérité et la vengeance, et je ne connais point de lecture plus terrible pour la conscience dés méchants.» —

« L'éloquence de Tacite, dit Thomas, n'est pas une éloquence de mots et d'harmonie ; c'est une éloquence d'idées qui se succèdent et se heurtent. Il semble partout que la pensée se resserre pour occuper moins d'espace. On ne la prévient jamais, on ne fait que la suivre. Souvent elle ne se déploie pas tout entière, et elle ne se montre, pour ainsi dire, qu'en se cachant. Qu'on imagine une langue rapide comme les mouvements de l'âme ; une langue qui, pour rendre un sentiment, ne se décomposerait jamais en plusieurs mots ; une langue dont chaque son exprimerait une collection d'idées : telle est presque la perfection de la langue romaine dans Tacite. Point de signe superflu ; point de cortège inutile. Les pensées se pressent et entrent en foule dans l'imagination ; mais elles la remplissent sans la fatiguer jamais. Le style est hardi, précipité, souvent brusque, toujours plein de vigueur : il peint d'un trait. La liaison est plus entre les idées qu'entre les mots. Les muscles et les nerfs y dominent plus que la grâce. C'est le Michel-Ange des écrivains. Dix pages de Tacite apprennent plus à connaître les hommes que les trois quarts des histoires modernes ensemble. » — À côté du poète condamnant (Juvénal), dit M. Victor Hugo, se dresse l'historien punissant (Tacite). Tacite, assis sur la chaise curule du génie, mande et saisit dans leur flagrant délit ces coupables, ces Césars. L'empire romain est un long crime. Ce crime commence par quatre démons, Tibère, Caligula, Claude, Néron : Tibère, l'espion empereur, l'œil qui guette le monde ; Caligula, la folie monstrueusement unie à la toute-puissance ; Claude, une ébauche d'homme couronnée ; Néron, la plus formidable figure de l'ennui qui ait jamais paru parmi les hommes C'est a ces quatre-là que Tacite dédie ses quatre premiers poteaux. Il leur accroche leur règne au cou. Il leur met ce carcan. Tacite applique son style sur une épaule d'empereur, et la marque reste. Il fait toujours sa plaie au lieu voulu. Plaie profonde. Il a la concision du fer rouge. »

On peut remarquer que l'historien, le césarisme, du despotisme de lassitude, n'est pas un classique comme un autre. Il a le don d'exciter chez les modernes d'autres passions que la curiosité littéraire. Tout le XVIIIe siècle professe pour lui un culte où l'on sent la haine de la tyrannie, l'ambition de réformes et de libertés. Napoléon en prend ombrage, et donne ordre à ses journaux de l'insulter, à ses académiciens de le réfuter. De nos jours, un procureur impérial, M. Dubois-Guchan, a écrit un livre (« Tacite et son siècle ») pour réhabiliter les Césars et réviser le jugement de Tacite. Ce nouvel adversaire de l'historien romain nous apprend que toute la vie de Tibère atteste son mépris de la fausse grandeur : que l'on voit toujours ce prince ménager plutôt son pouvoir que l'outrer ; que Claude n'avait pas l’étoffe d un tyran ; que malgré des difficultés de famille, le règne de Néron mérita longtemps d'être populaire ; que les Césars furent le frein nécessaire de l'univers ; que c'est une coalition d'iniquités qui a sévi contre eux et les a calomniés auprès de la postérité ; que l'esprit d'opposition contre les empereurs était l'esprit grec, l'esprit utopiste, l'esprit philosophique et dénigrant ; que les stoïciens, tels que Thraséas, Helvidius,etc, pouvaient causer au pouvoir des embarras, et qu'il fallait bien s'en défaire ; qu'il fallait des délateurs pour défendre les empereurs contre les complots et les coups d'opinion. M. Dubois-Guchan n'hésite pas à nous montrer l'idéal social dans cette autocratie césarienne si admirablement peinte dans les « Annales ». Malheureusement il vient un peu tard pour nous faire oublier Tacite, pour nous faire aimer les Césars. Son livre passera avec les circonstances où il est né et dont il porte la marque : les « Annales » restent.

La meilleure traduction française des « Annales » est celle de Burnouf.

 

Source : Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle par Pierre Larousse, Tome I,   Paris, Administration du grand dictionnaire universel, 1866, pp. 400-401.

Biographie

Historien romain (54-117) issu d'une famille de l'ordre équestre de la Gaule transalpine, Tacite (Publius Cornelius Tacitus) fit une brillante carrière politique : questeur et préteur sous les flaviens, puis consul sous les Antonins. Subtil historien et critique littéraire maîtrisant parfaitement l’éloquence, il compose de nombreux ouvrages appréciés par le milieu impérial. Ses « Annales » constituent sa grande œuvre historique. Elles sont consacrées à la période qui suit la mort d'Auguste ; seuls nous sont parvenus les livres I à IV, un fragment des livres V et VI (sur Tibère) et les livres XI à XVI (deuxième partie du règne de Claude et quasi-totalité de celui de Néron). Imitant Thucydide et Salluste mais surpassant ses modèles, Tacite ; énergique et sublime, variant ses récits autant...

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Biographie

Historien romain (54-117) issu d'une famille de l'ordre équestre de la Gaule transalpine, Tacite (Publius Cornelius Tacitus) fit une brillante carrière politique : questeur et préteur sous les flaviens, puis consul sous les Antonins. Subtil historien et critique littéraire maîtrisant parfaitement l’éloquence, il compose de nombreux ouvrages appréciés par le milieu impérial. Ses « Annales » constituent sa grande œuvre historique. Elles sont consacrées à la période qui suit la mort d'Auguste ; seuls nous sont parvenus les livres I à IV, un fragment des livres V et VI (sur Tibère) et les livres XI à XVI (deuxième partie du règne de Claude et quasi-totalité de celui de Néron). Imitant Thucydide et Salluste mais surpassant ses modèles, Tacite ; énergique et sublime, variant ses récits autant que le permet la monotonie du despotisme ; dépeint avec pessimisme et fulgurance les mentalités et les mœurs de ses contemporains.


Informations sur l'ouvrage

Nom Oeuvres de Tacite ; 4-5. Annales de Tacite, en latin et en français. T. 5, 2 / Regnes de Claude et de Néron. Troisième édition, revue et corrigée ; par J. H. Dotteville,...
Auteur Tacite (0055?-0120?)
Biographie Historien romain (54-117) issu d'une famille de l'ordre équestre de la Gaule transalpine, Tacite (Publius Cornelius Tacitus) fit une brillante carrière politique : questeur et préteur sous les flaviens, puis consul sous les Antonins. Subtil historien et critique littéraire maîtrisant parfaitement l’éloquence, il compose de nombreux ouvrages appréciés par le milieu impérial. Ses « Annales » constituent sa grande œuvre historique. Elles sont consacrées à la période qui suit la mort d'Auguste ; seuls nous sont parvenus les livres I à IV, un fragment des livres V et VI (sur Tibère) et les livres XI à XVI (deuxième partie du règne de Claude et quasi-totalité de celui de Néron). Imitant Thucydide et Salluste mais surpassant ses modèles, Tacite ; énergique et sublime, variant ses récits autant que le permet la monotonie du despotisme ; dépeint avec pessimisme et fulgurance les mentalités et les mœurs de ses contemporains.
Date de publication 1 janv. 1793
Siècle XVIII
Éditeur Froullé (Paris)
Langue Français
Source Bibliothèque nationale de France
Thème Littérature

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